(MAY2015)              
  DW_2015            
  MAGNA GRAECIA / EUROPA IMPARI            
 
 
 
 
  TITRE_PAYSAGE  
 
 
 

 

UNEVEN HEROES by Charlotte GARSON - Film Critic, Paris

From the simple kitchen of a housing project or in the tiny space of an antimafia judge’s car that he prefers to drive by himself (a driver is never completely trustworthy), MAGNA GRÆCIA / EUROPA IMPARI draws concentric circles.

The outlines of these circles, characterized by remarkable subtle editing, paint the portrait of a buffer territory, in the far South of the North. It starts with a deliciously raw conversation between women of different generations. Among cardboard boxes full of onions and packs of ground coffee, these Calabrian women can speak openly about the hatred they built up towards their violent husbands (« If I went to the cemetery, says a widow, I would be to go and piss on his grave... »), or bring up the ingratitude of their children, who have left to go North, saved but uprooted. These are the same women of Southern Italy that Vittorio de Seta filmed in the fifties. While then they were widows in black hoods who sang beautifully austere songs, now these women break the ethnographical semi-silence of the Lost World (the set of short documentary films he made about shepherds, peasants and fishermen of southern Italy). They talk and they belong to our times. These personal words of freedom open a film in which the five « conversation pieces », made of loose meshes, break away from the standard “shot – reverse shot” format of the interview, and call democracy into question.

But, what is democracy, in this place marked by the heritage of Ancient Greece? Are we still able to transmit this heritage to these kids throwing stones at an old broken car? A History teacher offers some answers while emphasizing to his pupils the necessity to find a path to their own answers. Anita  Lamanna and Erwan Kerzanet listen and observe carefully at them progressively assembling the different pieces, from the anonymous people to the quiet heroes of modern times. Those ancient Greek heroes stepping out of their ships on the Calabrian coast two thousand years ago, would they have recognized as two of their descendants the teacher Claudio Donesalvi, wrongfully sent to jail for his political opinions, or the judge Nicola Gratteri, fighting against the mafia? Their struggle against a system that continuously destroys their land (their country, and by extension Europe) can only be carried out through a deep, silent struggle, filled with disillusion.


Free of demonstrative effects, the form of the film follows the slow sedimentation of ancient heroism that has turned into a rough resistance, aware of its own limits. The Greek warriors, who escaped the Trojan War landing in Calabria today, would certainly recognize as their direct descendants these newcomers to Southern Europe from Africa or Asia (if they have been lucky enough to to get so far). Instead of using the camera to idealize foreigners, the chapter « New residents » shifts away from the classical portrait of migrants usually depicted in documentaries in a superficial way, laying on the pity. Here, a Pakistani immigrant establishes himself as a businessman and gets support from the State to help his fellow countrymen to apply for documents, learn the language, find work and cope with everyday racism. These acts of racism gave Rosarno its sad reputation after a « Black hunt » organized in 2010 by the local mafia mob.
The film starts off with the theme of violence, introduced very softly, in the conversation between the women, in an almost picturesque fashion; the film then returns to violence, questioning it at a regional level, a State level and throughout the continent. Strangely – because the form of MAGNA GRÆCIA / EUROPA IMPARI avoids any prescriptive message or overhanging theory – almost every person speaking here comes with concrete proposals, each one in his own domain. This “uneven Europe”, a zone of neglect seen by the North as the “bottom half” of the European body, reveals itself, once again, as a land of possible rejuvenation. Of what kind? Above all, rejuvenation of our common deep desire to take part in public affairs.

 

 
 
 
   
 
 
 

 

HEROS IMPAIRS par Charlotte GARSON - Critique de cinéma, Paris.

D'une modeste cuisine à l'habitacle non moins réduit de la voiture qu'un juge antimafia conduit seul (un chauffeur n'est jamais assez discret), MAGNA GRÆCIA / EUROPA IMPARI trace des cercles concentriques. Leurs contours, marqués par une délicatesse de montage remarquable, font le portrait d'un territoire-tampon, au Sud du Nord.

On part de conversations à bâtons rompus, d'une franchise délicieusement fracassante entre des femmes de plusieurs générations. De manière tout à fait intime, entre caisse d'oignons et paquet de café moulu, ces Calabraises peuvent s'avouer la haine envers un mari violent (« si j'allais au cimetière, précise une veuve, ce serait pour pisser sur sa tombe... »), ou l'ingratitude d'enfants partis loin, sauvés mais déracinés. Ces femmes du Sud de l'Italie qu'en 1950, Vittorio de Seta filmait en veuves encapuchées de noir, aux chants austères, quittent le semi-silence ethnographique du Monde perdu (la série de courts métrages documentaires qu'il tourna sur des bergers, paysans et pêcheurs de l'Italie méridionale). Elles parlent, elles sont de notre temps. Leur parole individuelle mais éprise de liberté ouvre un film dont les six « tableaux-conversations », aux mailles délibérément lâches qui s'éloignent du champ-contrechamp de l'entretien, visent en fait à questionner la démocratie.

Qu'est-ce d'ailleurs que la démocratie, en ce lieu marqué par l'héritage de la Grèce ancienne ? Peut-on encore transmettre cet héritage, à des gamins qui caillassent les voitures? Un enseignant d'histoire fournit des réponses, tout en prenant bien soin de faire prendre conscience à ses élèves qu'ils doivent trouver les leurs plutôt que de boire ses paroles. Anita Lamanna et Erwan Kerzanet écoutent, observent, construisent une progression de bloc en bloc qui va des anonymes aux héros discrets des temps modernes. Ainsi les héros grecs échoués en Calabre il y a deux mille ans trouvent-ils chez ce Claudio Dionesalvi, prof incarcéré injustement pour ses opinions politiques, ou chez le juge Nicola Gratteri, spécialiste de la lutte antimafia, des descendants polis par le temps. Polis, parce que leur lutte contre le système qui détruit leur région (leur pays, et par extension l'Europe) ne peut s'effectuer que sous la forme d'une pugnacité sourde, désillusionnée.

Aucun coup d'éclat ici, et la forme du film épouse cette lente sédimentation de l'héroïsme antique en résistance acharnée mais consciente de ses limites. Les combattants antiques rescapés de la guerre de Troie et échoués en Calabre trouvent des rejetons lointains mais poignants, sans forçage aucun, en ces migrants qui accostent au Sud de l'Europe en provenance de l'Afrique ou de l'Asie (quand ils ont la chance d'y arriver). Au lieu d'idéaliser l'étranger, le chapitre du film intitulé « Les nouveaux résidents » déplace à son tour le portrait de migrants que le documentaire brosse souvent de manière superficielle, dûment apitoyée. Ici, un Pakistanais s'établit en entrepreneur et touche des aides de l'Etat pour aider aux menues démarches de ses compatriotes, leur expliquer comment constituer leur dossier, apprendre la langue, travailler, vivre avec le racisme incontournable. Ce même racisme qui a valu à la ville de Rosarno sa triste réputation, après une « chasse aux Noirs » organisée en 2010 par la mafia calabraise. De la violence, le film en part donc, à bas bruit dans la conversation entre femmes, de manière – presque – pittoresque ; et il y revient en spirale, la questionne à l'échelle de la région, de l'Etat, du continent. Etrangement – parce que la forme de MAGNA GRÆCIA / EUROPA IMPARI le fait échapper à tout message prescripteur ou surplombant – presque tous les témoins qui parlent ici s'avèrent munis de propositions concrètes, chacun dans son domaine. L'Europe impaire, zone d'incurie dont se détournent ceux du Nord qui la voient peut-être comme le « bas » du corps européen) se révèle, à nouveau, lieu-source, terre d'un possible ressourcement. De quoi ? D'abord de notre désir enfoui de participer à la chose publique.

 

 
 
 
   
 
 
 

 

GLI EROI IMPARI di Charlotte GARSON - Critico di cinema, Parigi.

Da una modesta cucina a un abitacolo non più grande di un’automobile che un giudice antimafia guida da solo (perché un autista non è mai discreto), MAGNA GRÆCIA / EUROPA IMPARI traccia dei cerchi concentrici. I loro contorni, distinti da una notevole delicatezza di montaggio, tracciano il ritratto di una zona-cuscinetto, a Sud del Nord.

Si comincia con una conversazione casuale, di una freschezza deliziosamente sorprendente, tra donne di diverse generazioni. In modo assolutamente intimo, tra un trofeo di cipolle e un pacco di caffè macinato, queste calabresi possono ammettere il proprio odio verso un marito violento ( “ se vado al cimitero” dice una vedova, “ vado e faccio pipi sulla sua tomba…”), o l’ingratitudine dei figli andati via, salvi ma sradicati. Queste donne del Sud Italia, che nel 1950 Vittorio de Seta filmava incappucciate di nero, dai canti austeri, abbandonano il semi-silenzio etnografico del Mondo perduto ( la serie di corto-metraggi documentari che riprende sui pastori, contadini e pescatori dell’Italia meridionale). Queste donne parlano e appartengono al nostro tempo. Il loro discorso individuale, amante della libertà, apre un film di “ritratti-conversazioni”, dalle maglie volutamente sciolte, in un terreno distante dal campo-controcampo dell’intervista, in questo modo la democrazia è messa direttamente in discussione.


Che cos’è d’altra parte la democrazia, in questi luoghi segnati dall’eredità dell’antica Grecia? Si può ancora riuscire a tramandare questa eredità ai ragazzi che giocano scassando le macchine? Un insegnante di storia da delle risposte, facendo prendere coscienza ai suoi allievi che ognuno se le deve cercare da solo senza accettare degli argomenti fatti. Anita  Lamanna e Erwan Kerzanet ascoltano, osservano, costruiscono un climax da blocco a blocco che va dagli anonimi agli eroi discreti dei tempi moderni. Cosi gli eroi greci finiti in Calabria duemila anni fa trovano in Claudio Dionesalvi, professore incarcerato ingiustamente per le sue idee politiche, o nel giudice Gratteri, specialista della lotta all’ndragheta, dei discendenti levigati dal tempo. La loro lotta contro il sistema che distrugge continuamente la loro terra (il loro paese e per estensione l’Europa) puo essere effettuata solamente attraverso una modalità silenziosa e disillusa.


Privo di effetti dimostrativi, la forma del film sposa questa lenta sedimentazione di antico eroismo e di resistenza fiera ma cosciente dei propri limiti. Gli antichi combattenti scampati alla guerra di Troia e sbarcati in Calabria, si saprebbero certamente riconoscere come discendenti diretti di questi nuovi arrivati nel Sud Europa dall’Africa o dall’Asia (se hanno avuto la fortuna di arrivare). Il capitolo intitolato “ I nuovi residenti” prende le distanze dal ritratto di migranti che i documentari spesso affrontano in modo superficiale e pietoso, senza dover idealizzare lo straniero. Si racconta come un Pakistano diventa imprenditore a Crotone, le sue pratiche per avere un sostegno pubblico e il cammino d’inserimento dei suoi compatrioti per lavorare, per imparare la lingua per imparare a vivere insieme a un razzismo inevitabile. Gli stessi atti di razzismo che hanno dato alla città di Rosarno una triste reputazione, dopo la “caccia al Nero” organizzata nel 2010 dalla mafia locale. La violenza è l’oggetto silenzioso della prima conversazione del film, la conversazione delle donne – sembrerebbe una violenza quasi pittoresca, e ritorna a spirale come problematica a livelli diversi, regionale, nazionale, europeo. Stranamente - Perché la forma del film MAGNA GRÆCIA / EUROPA IMPARI evita qualsiasi messaggio prescrittivo o teoria sovrastante - ogni persona che parla è munita di proposte concrete, ognuno nel proprio ambito. Questa "Europa impari", una zona di abbandono che il Nord vede come la "parte inferiore" del corpo europeo, si rivela, ancora una volta, come un luogo-originario, terra di possibile cambiamento. Di che tipo? Innanzitutto del nostro profondo desiderio comune di partecipare agli affari pubblici.

 

 
 
 
 
Jamil Abdul
 
 
 
 

 

ふぞろいの英雄たち
シャルロット・ガルソン

質素なキッチンから、反マフィアの判事が自分で運転する(運転手というものは信頼するに足りないものだ)、これまた狭い車のなかへ。そうやって『マグナ・グラエキア/ふぞろいのヨーロッパ』は、徐々に包囲網を狭めていく。洗練された見事な編集からなるその輪郭が描くのは、先進諸国の集まる「北」の「南」、すなわちふたつをつなぐ緩衝地帯だ。

映画は脈絡のない会話からはじまる。何世代にも渡る女性たちの、けたたましくて魅力的で誠実な会話。たまねぎの入った箱、コーヒーのパックなどに囲まれながら、まさしく親密な雰囲気で、このカラブリア地方の女性たちは暴力をふるう夫への憎しみを(ある未亡人は「もし夫の墓参りに行くとしたら、その上におしっこをするためよ……と語る」)、あるいは遠くへ去り、救済されながらも根無し草となった子供たちの恩知らずぶりを、告白してみせる。かつて1950年代にヴィットリオ・デ・セータが、おごそかな歌に包まれた黒いベールの未亡人として撮影した、この南イタリアの女性たち。彼女たちは「失われた世界」における民族的な沈黙に別れを告げる(「失われた世界」とは、ヴィットリオ・デ・セータが南イタリアの羊飼い、農民、漁民らを撮影した短編ドキュメンタリーのシリーズ名だ)。彼女たちはしゃべる。そう、彼女たちは私たちの同時代人なのだ。ごく私的でありながらも熱烈に自由を愛する彼女のことばたちが、この作品の開始を告げる。いわゆる対談風のショット/切り返しショットとはまったく異なる、あえてゆるく編まれたそれらの「複数の会話=情景」が対象とするのは、実のところ、民主主義に問いを投げかけることなのだ。

古代ギリシアを根強く継承するこの場所で、ではそもそも民主主義とはいかなるものなのか? いまだこの継承を後世に伝えることは可能なのか? 打ち捨てられた車に石を投げつける悪ガキどもに? ある歴史の教師は、自分のことばを飲み込まず、自分たちの答えを見付けるのだと生徒たちに自覚をうながしながら、いくつかの答えを提示する。共同監督のアニタ・ラマンナとエルワン・ケルザネは耳を傾け、観察する。そして無名の人々から近代の慎ましやかな英雄たちまでを、それぞれひとかたまりに描きながら、作品を進めてゆく。こうして、二千年前にカラブリアで失墜したギリシアの英雄たちは、その政治思想ゆえに不当にも投獄された教師クラウディオ・ディオネサルヴィや、反マフィア闘争の専門家である判事ニコラ・グラッテーリに、時によって練り上げられた末裔たちを見いだす。なぜ練り上げられたと言えるのか。それは、みずからの地域(みずからの国、ひいてはヨーロッパ)を破壊するシステムに対しての彼らの闘いが、かすかで秘かで、そして幻滅味を帯びた闘争として、まさにおこなわれているからだ。

ここには派手な一撃があるわけではない。執拗でありながらしかし、みずからの限界を自覚する抵抗にともなわれ、古代のヒロイズムがゆっくりと堆積していく。それがこの作品の形式でもある。トロイ戦争を生き延び、そしてカラビリアで失墜した古代の戦士たちは、アフリカやアジアからやって来て南ヨーロッパへたどり着いた移民たちのなかに(彼らが運良くたどり着けたらの話だが)、遠く離れてはいるが悲痛な末裔の姿を、当然のごとく見いだす。外部を礼賛して理想化するのではない。「新たな居住者たち」というタイトルのチャプターが、たいていのドキュメンタリーがうわべだけのやり方で、しかるべき同情によってざっととらえる移民たちのポートレートに、揺さぶりをかけてみせる。そこでは、あるパキスタン人の男が事業家として登場し、国の援助を受け、同国の人々のために細かな手続きを手伝ったり、どうやって書類を作成するか、言語を学ぶか、働くか、そしてこの無視できない人種差別とともにどう生きるかを、彼らに説明する。まさに人種差別こそ、このロザルノという街を残念ながらも有名にしてしまったものだ。そう、2010年にカラブリアのマフィアたちがおこなった「黒人狩り」だ。女たちの会話の低いざわめきのなかで、この作品は暴力からスタートする。そして螺旋のように回りながら、地域規模での暴力、国規模での暴力、大陸規模での暴力を問いにふしていく。

奇妙にも(というのも『マグナ・グラエキア/ふぞろいのヨーロッパ』はその形式によってすべての説教めいた過剰なメッセージから逃れているのだ)ここでことばを発するほとんどの証言者たちは、おのおのの分野において具体的な提案を備えた者として現れる。ふぞろいのヨーロッパ(つまり「北」が、たぶんヨーロッパにおける「下層部」ととらえ、顔を背けている、無関心にさらされたゾーン)は、あらためて起源の場として、ふたたび湧き出る可能性の地として立ち現れてくる。いったいなにが湧き出るのか? まずなによりも、我々のなかに秘められた、公共体に参加したいという願望が、湧き出るのだ。

シャルロット・ガルソン
「カイエ・デュ・シネマ」誌ほか、さまざまな媒体で執筆をおこなう映画批評家。